PENSER,  S'ENGAGER

Quelle est LA meilleure chose qu’un humain puisse faire pour le monde de demain ?

Quelle est LA meilleure chose qu’un humain puisse faire pour le monde de demain ? C’est la question que Patti-la-plante pose au public stupéfait de l’auditorium.

Le confinement a fait resurgir en moi cette question avec force et détermination. Elle est remontée à la surface comme une évidence, comme si elle ne pouvait pas faire autrement. Et la Vie, avec ses heureuses synchronicités, me fait retrouver cette même question à la fin d’un livre que j’ai lu pendant le confinement, L’arbre monde de Richard Powers. Les livres n’arrivent pas par hasard dans nos mains. Ou mieux, c’est à nous de nous laisser guider par notre flair pour suivre les messages parsemés tout autour. 

La lecture de ce livre n’a pas été toujours facile car son écriture n’est pas très fluide. Il est dense, riche, plein à craquer de détails et de mots que je ne connaissais pas (pour rappel, je suis italienne). Mais la trace qu’il laisse dans l’âme y est profonde. Pas besoin de comprendre chaque mot pour être touché.e par la puissance du message de l’auteur. Quand on marche main dans la main avec LA vérité, le message ne passe pas par la connaissance de l’alphabet classique. 

Quelques jours après le début du confinement, écœurée par tout (les info, les opinions, les gens, les interprétations), j’ai commencé une liste dans mon cahier. Elle porte comme titre « Choses que je veux changer pour la planète ». Je suis dans une démarche écologique déjà depuis des années, mais là j’avais besoin d’aller encore plus loin, de creuser. Alors j’ai pris ma pelle. Ce temps « lent » me va comme un gant. Ce temps lents souligne encore plus ce décalage que je ressens depuis toujours avec la vitesse du monde du « dehors ». Ce temps lent me fait savourer tout, le bon et le mauvais. Il me donne le temps de regarder, mâcher, ruminer, avaler, digérer et expulser toutes les émotions que je traverse. Ce temps m’appartient. Ce confinement met l’accent sur tout ce que je ne veux plus « après ». Changer la vitesse, changer les directions du regard, inclure la Terre Mère. Faire de la place pour revenir au moment présent, qui, d’un coup se dissout et devient flou et s’étend à l’infini. Pour revenir à la vulnérabilité qui nous colore toutes et tous de différentes nuances. Pour chérir, soutenir, sentir ma tribu, où qu’elle soit. 

Ce livre est puissant et son empreinte est ciselée dans mon âme.
Patti-la-plante, je te sens tellement.
Il faut lever la barre pour léguer un monde meilleur.

Loin de vouloir dispenser des conseils, surtout s’ils ne sont pas demandés. Mais si jamais l’impulsion pour l’achat de ce livre apparait, essayez d’opter pour le faire après le confinement, et d’ici là savourez cette attente et ses milles saveurs.

Je vous laisse avec une sélection de phrases que j’ai souligné et qui résonnent pour moi de toute part.


« Non, je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je dois croire. C’est absurde de croire quoi que ce soit. on se trompe toujours, toujours. »


Les arbres se nourrissent et se guérissent l’un l’autre. (…) Il n’y a pas d’individus. Il n’y a même pas d’espèces séparées. Tout ce qui est dans la forêt est la forêt.


Vous m’avez demandé comment réparer la maison. Mais c’est nous qui avons besoin d’être réparés. Les arbres gardent en mémoire ce que nous avons oublié. Chaque spéculation doit faire place à une autre. Mourir, c’est aussi la vie. 


Les arbres sont l’effort incessant de la terre pour s’adresser au ciel qui écoute. Mais les hommes… oh mon Dieu… les hommes ! Les hommes pourraient être ce ciel auquel la Terre essaie de s’adresser. 


La vie a un moyen de s’adresser au futur. ça s’appelle la mémoire. ça s’appelle les gènes.


Notre séparation a poussé plus vite que notre connexion.


Comment la raison n’est qu’une arme, un instrument de contrôle parmi d’autres. Comment l’invention du raisonnable, de l’acceptable, du normal, voire de l’humain, est plus récente, encore verte, que ne le soupçonne l’humanité.  


Imaginez un peu : un jeu dont le but serait de faire avancer le monde, plutôt que soi-même.
– Et comment on gagnerait à ça ? ricane Kaltov.
– En découvrant ce qui marche. En allant dans le sens de la vérité.


« Vous n’avez pas besoin de moi. Vous avez juste besoin de comprendre que vous êtes déjà heureux. »


Rappelle-toi ! Les hommes ne sont pas l’espèce suprême qu’ils croient être. D’autres créatures – plus grandes, plus petites, plus lentes, plus rapides, plus vieilles, plus jeunes, plus puissantes – mènent la danse, fabriquent l’air et dévorent la lumière du soleil. Sans elles, il n’y a rien. 


… Alors soyez patients et laissez la forêt offrir ses dons lentement.

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