BOUGER

Neuf mois de running

« Tu vas donc arrêter de courir. » C’est la remarque la plus fréquente que les gens me faisaient lorsque je leur annonçais que j’étais enceinte, début 2015. Ma réponse était très clairement NON.

Bien entendu, si contrindication médicale il y a, BIEN SÛR qu’il faut écouter les professionnels et se ménager soi et son bébé. Mais, si l’on est déjà coureuse (ce qui était mon cas) et que tout va bien (ce qui était mon cas), il n’y a AUCUNE RAISON d’arrêter de faire ce que l’on aime. Il faut juste savoir s’écouter et être très attentif à son corps.

Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte en novembre 2014, j’étais inscrite pour courir un marathon quelques mois après. J’ai maintenu le cap des entraînements (montant jusqu’à une sortie de 34 km à mon 4ème mois de grossesse) pour finalement, après d’âpres négociations avec mon mari, renoncer au marathon et accepter de ne courir que le semi (21,1 km). J’étais à cinq mois de grossesse passés à cette date. Ça s’est très bien passé. Non seulement parce que j’étais entourée de mes « anges gardiens » comme je les appelle, mes amis coureurs et supporters qui ont veillé sur moi tout au long de la course, mais aussi parce que je me suis écoutée.

Quelques conseils utiles pendant ces neuf mois de running :

  • Premier trimestre

À part si vous avez de fortes nausées, ce premier trimestre est plutôt facile. J’ai surtout senti que mon souffle diminuait, donc par la force des choses j’ai dû ralentir la cadence, pour m’adapter. La nature est ainsi plutôt bien faite. Mais j’ai maintenu mon rythme de sorties et mes distances. J’ai simplement cessé de faire des sessions à jeun et j’avais toujours de l’eau avec moi et quelque chose à manger si je me sentais faible, mon corps travaillant maintenant pour deux.

  • Deuxième trimestre

Un regain global de forme pendant ce deuxième trimestre fait que l’on retrouve finalement un peu ses marques, notamment en course à pied. C’est sans compter néanmoins sur le ventre qui commence à bien prendre forme. J’ai donc investi dans une ceinture de soutien, qui se plaçait juste sous le ventre et limitait ainsi ses mouvements. Un outil indispensable. J’ai tout de même commencé à réduire la fréquence de mes sorties et mes distances vers la fin du trimestre.

  • Troisième trimestre

On se sent plus lourde et c’est donc plus difficile de se motiver à sortir se bouger. Mais à chaque fois, j’étais contente de l’avoir fait et je me sentais mieux. Mes sorties ont commencé à se limiter à 4 à 5 km, à une vitesse nettement plus réduite. Je suis restée sur des circuits plus près de chez moi, pour pouvoir revenir rapidement si besoin. Dès que je sentais un quelconque gêne, je m’arrêtais et je marchais un peu.

Résultat : mon fils, avant même de naître, avait quatre semi-marathons à son actif et je ne sais combien de kilomètres. J’ai couru jusqu’à 5 jours avant mon accouchement. Et j’ai repris trois semaines après. Tout le monde a son avis sur ce que tu dois faire, et rares sont ceux qui se gardent de t’en faire part, mais je suis la preuve qu’il faut simplement s’écouter, être attentif à son corps, à ses envies, à ses limites, pour faire en sorte que course et grossesse cohabitent paisiblement. Je reste persuadée que ma grossesse s’est mieux passée parce que j’ai pu maintenir une activité sportive, que mon accouchement s’est mieux passée parce que j’étais en forme et musclée. Donc quand j’entends dire (surtout par des hommes d’ailleurs) que « courir enceinte, c’est un bébé secoué avant même d’être né »), je leur demande 1) de tester d’être enceinte avant de se prononcer à ta place et 2) de garder pour eux des bêtises pareilles, car chacune est différente ; il n’y a pas de règles et pas de vérité absolue sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Mon fils (qui se porte très bien) et moi (je vous rassure, je vais très bien aussi) en sommes la preuve.

 

6 Comments

  • Claire

    “Tout le monde a son avis sur ce que tu dois faire, et rares sont ceux qui se gardent de t’en faire part”=>C’est valable pour toutes les femmes enceintes, pas celles qui courent uniquement.

    Mon expérience perso : j’ai assez peu couru pendant mes grossesses (pas du tout la 1ère, un peu la seconde) et je ne regrette ni dans un sens ni dans l’autre. Je pense pas qu’un footing de temps en temps soit mauvais pour le bébé. Par contre le périnée franchement j’ai un doute, surtout pour la 1ère grossesse où on n’a pas appris le fameux “verrouillage” (à mon avis il faudrait l’inclure à la prépa à l’accouchement), et au bout de 2 grossesse j’avoue que je ne suis pas à l’aise avec.

    Par contre après deux interruptions de course (la 1ère d’un an, la 2nde de 9 mois) pour grossesse+suites de couche, je me suis toujours trouvée plutôt régénérée en course à pied : de l’envie, pas de fatigue musculaire. Ca laisse songeur, une pause un peu longue ça fait du bien.

    Par contre à partir du 2ème enfant, byebye les sorties quotidiennes par manque de …temps.

    • Alice

      Merci Claire pour ce retour d’expérience ! En effet, chaque femme est différente, ce qui m’importait c’était surtout de rendre compte de la manière dont j’avais vécu la chose, afin d’ouvrir le champ des possibles aux femmes qui, comme moi, se posent beaucoup de questions à ce sujet. Bonne continuation !

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