BOUGER

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes.

J’ai toujours revendiqué le fait que je n’étais pas attachée au chrono, mais là je dois me contredire. Je porte ces cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes dans mon cœur comme si c’était de l’or. Comment ne pas aimer ton temps ? Ce temps qui symbolise ton effort, ta determination, tes espoirs, tes souffrances, ta réussite ? Je tiens à mes cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes comme à la prunelle de mes yeux. J’en suis fière. 

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes dans Paris, à redécouvrir cette ville de long en large, sous un beau soleil d’avril, entouré par le public, les bénévoles, les pompiers et 47 000 coureurs. Un joli parcours, avec deux bois qui ont ponctué le parcours offrant une grosse bouchée d’oxygène. 

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes partagées avec des personnes exceptionnelles : coureurs et supporters de la grande famille A2. C’est émouvant de voir la bienveillance et le soutien dans vos yeux (et dans vos jambes !). Ça donne beaucoup d’espoir pour croire dans le futur et dans le monde.

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes avec mes lièvres, qui m’ont accompagnées jusqu’au bout. Mes lièvres qui m’ont retrouvés quand les jambes commençaient à piquer, quand j’avais désespérément besoin d’un visage de réconfort, d’une main qui, juste avec sa présence, me disait que j’étais en train de bien faire, que j’allais réussir. Ou encore de tenir le dos droit, de sourire car j’étais devant la Tour Eiffel, que j’étais en train de le faire pour tous ceux qui ne peuvent pas, que j’étais une super nana. Vos regards quand je vous ai repérés dans mon parcours sont gravés pour toujours dans mon cœur. Merci Sophia (22km), Adeline (30km) et Anne (35km) : mon marathon est aussi le votre. 

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes mentalement à côté d’Alice et Kelly : merci pour votre bienveillance, vos conseils, vos conneries, vos innombrables « ça va ? », les câlins avant et après les 42.195 km. Beaucoup de fois j’ai pensé au moment où je vous serrerai dans mes bras après la ligne d’arrivé. Cette pensée m’a fait tenir à partir du kilomètre 32, quand le jeu était devenu compliqué. 

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes pendant lesquelles tu sais que ton chéri est à la maison en train de te suivre virtuellement sur une application (qui marche à moitié). Merci mon amour pour ton soutien durant tout l’entrainement, durant le marathon et après le marathon. Pour toutes les pâtes que je t’ai obligé de manger, pour les tonnes de vêtements de sport à laver, pour les moment de stress et d’euphorie, pour tes mots d’encouragement tout le long du parcours. Sans toi je n’aurai jamais pu envisager de faire cette course.

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes pendant lesquelles tu dois faire les comptes avec toi-même. Pendant lesquelles il n’y a de l’espace que pour l’essentiel, pour le vrai. Pendant lesquelles tu donnes tout toi-même, ta meilleure version, celle que j’essaie de graver dans ma mémoire et de reproposer chaque jour dans la vie normale hors course à pied. 

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes pendant lesquelles tu dois constamment t’adapter, car parfois ça se passe comme tu avais prévu et parfois (le plus souvent) non. Lâcher prise, accepter, s’adapter, rester concentrée, tout donner, continuer d’espérer, faire de l’espace pour tout ce qui arrive, aider les autres, adoucir les angles, pardonner, jeter le superflu, garder uniquement ce qui compte vraiment.  

Cinq heures, quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes qui ne sont rien par rapport à l’entrainement, qui est un marathon dilué dans l’espace et dans le temps. Qui te permet de toucher tout un spectre d’émotions que tu retrouveras pendant ces 42.195 km : enfer et paradis et tout ce qu’il y a entre. (lire : si tu as un coup de mou durant l’entrainement, surtout ne lâche pas l’affaire…)

Cinq heures et quarante-quatre minutes et quarante-huit secondes est le temps de mon premier marathon et j’en suis ultra méga fière.

Un MERCI grand comme l’univers à tous ceux qui m’ont soutenu, avec un mot, un texto, une pensée : chaque geste m’a aidé à accomplir ce rêve.
Prochain en 2017 
🙂
who’s in ?

12938276_10156825332855037_6787722633322385379_n

10 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *