PENSER

Résumer sa vie à l’essentiel

Cette phrase sonne comme une espèce de mantra à appliquer à son quotidien. Dans la société ultra tournée vers la consommation dans laquelle nous nous situons, résumer sa vie à l’essentiel est parfois très complexe. Pourtant, c’est aussi devenu une activité à la mode, plébiscitée par les articles de la presse généraliste et les éditeurs, que ce soit pour vanter les mérites d’un jeune cadre dynamique quittant sa vie à 100 à l’heure pour devenir boulanger, ou encore pour réduire sa consommation de produits industriels dans l’optique d’un impact zéro sur la planète, comme la désormais très célèbre histoire de la franco-américaine Béa Johnson « Zero Waste Home ». On admire tous ceux qui ont le courage de lâcher la consommation, de mettre de côté les intérêts personnels et financiers dans cette perpétuelle course à l’argent, pour revenir à des choses plus simples.

Pourtant, ce saut dans le vide est extrêmement difficile à faire. Se remettre en question, envisager un changement radical dans sa vie alors que tout est réglé, les études éventuelles, le cheminement professionnel, le prêt pour la maison, le CDI, les enfants, les loisirs… On nous apprend à tracer notre voie, et à tout faire pour atteindre et conserver cette fameuse « sécurité ». Quitter tout cela demande un effort sur soi encore plus important. De plus en plus de gens tentent, et en général ne le regrettent pas.

Ce changement de vie radical, cette volonté de changer d’air, de faire autre chose, d’expérimenter, va souvent de paire avec un trop-plein de la société de consommation, de notre soif de choses matérielles, de nous entourer d’objets qui s’entassent inlassablement autour de nous. La phrase « résumer sa vie à l’essentiel » me paraissait ainsi d’autant plus intéressante qu’elle devenait progressivement une forme de contre-proposition à la société contemporaine actuelle.

C’est alors que je suis tombée sur ce blog fabuleux « The burning house » avec un postulat de départ d’une simplicité enfantine : qu’emporteriez-vous avec vous si votre maison était en train de brûler ? Matérialisé par le biais d’une unique photographie qui met en avant ce choix cornélien, les personnes se prêtent volontiers au jeu de confronter leurs besoins pratico-pratiques et leurs bricoles à forte valeur sentimentale afin de proposer une sélection – souvent très poétique – d’objets. Ces reliquats sauvés in extremis du drame incendiaire deviennent alors une sorte de portrait robot de la personne, représentatifs de sa personnalité, ses désirs, ses motivations, ses aspirations. Choisir une petite dizaine d’objets qui semble pour nous essentielle est alors comme effectuer un travail sur soi et sur ce que l’on veut dans la vie. C’est à se demander si résumer sa vie à l’essentiel ne permettrait pas alors d’y voir plus clair… ?

 

 

 

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