PENSER

Choisir de ralentir

Je suis devenue fan de la nouvelle série de publications développée depuis 2017 aux Editions Actes Sud intitulée « Je passe à l’acte« . Partant d’un postulat très simple que chaque individu est moteur de sa vie et dans la continuité du magnifique film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, Actes Sud a publié un certain nombre de petits ouvrages, se voulant des guides de savoir-faire ou savoir-être sur différents sujets qui peuvent nous préoccuper. Ainsi, en quelques pages plutôt bien écrites, on peut apprendre des choses sur les AMAP, développer ses connaissances en permaculture, obtenir des astuces pour retaper une vieille bâtisse ou encore s’initier au bases de la méditation.

Je les ai tous achetés et lus car je trouve que c’est un super moyen de s’initier à de nouvelles pratiques, citoyennes de surcroît. Moi qui suis une passionnée des nouvelles choses, c’est aussi une façon très chouette de toucher à un sujet et de voir si on a envie d’approfondir.

Je voulais donc vous dire quelques mots sur ma dernière lecture, à savoir « Choisir de ralentir« . Le titre m’a tout de suite intrigué. Car – mes proches vous le confirmeront – je suis une personne qui est toujours à 100 à l’heure. Certains parlent d’hyperactivité, d’autres de multiples casquettes, d’autres de folie, mais je n’aime pas ne rien faire. Correction : je ne sais pas ne rien faire. J’ADORE développer des choses, mener à bien de nouveaux projets, rencontrer du monde. Ce qui me stimule, c’est l’échange, la transversalité et le dépassement de soi. C’est pour cela qu’à trente ans, je me suis retrouvée avec cinq boulots différents (dont un à plein temps, un à quart temps, et trois en freelance), plusieurs formations à distance en poche dont une Licence de droit à Paris Sorbonne, divers projets associatifs, un mari tout aussi hyperactif que moi, une vie sociale et sportive bien remplie, et des milliers de choses pour remplir chaque minute de ma vie. Faire des choses me rend heureuse et m’épanouit.

Puis j’ai eu mon fils. Ernest a maintenant un peu plus de deux ans et je me suis rendue compte que parfois, juste m’asseoir avec lui et traîner, l’aider à construire des legos ou le regarder sauter partout (ah parce que oui, il tient de sa mère…) me rendait aussi très heureuse. Donc j’ai choisi de lâcher un, puis deux boulots. De n’en garder « que » trois, qui étaient ceux qui me plaisaient le plus d’un point de vue contenu et orientation professionnelle, ou qui me donnaient le plus de latitude et de budget pour développer mes projets personnels par ailleurs. Je me suis lancée dans ce blog avec Barbara, dans lequel je trouve beaucoup de plaisir. Je me suis débarrassée de ma télévision (et ça ne me manque absolument pas). J’ai réorienté mes engagements associatifs. J’ai choisi de me replonger dans des formations à distance, dont une en naturopathie dont je vous parlerai plus longuement dans un autre article. J’ai ré-appris à tricoter. En somme, je n’ai pas vraiment ralenti (car je ne sais toujours pas ne rien faire) mais j’ai changé de manière de voir les choses, et surtout de les apprécier.

Tout ça pour vous dire que le livre « Choisir de ralentir » ne m’a finalement pas appris grand chose, car c’est une démarche dans laquelle j’ai l’impression d’être déjà engagée de manière personnelle et d’une façon certes un peu différente. Il m’a cependant appris quelques statistiques impressionnantes tels que : un adolescent américain moyen passe près de 7 heures par jour devant un écran (!!!!) ; un tiers des Français et près de deux tiers des moins de 25 ans se disent dépendants à leur Smartphone (à prévoir) ; 91% des Français utilisent leur Smartphone pour faire passer le temps quand ils s’ennuient ; et ainsi de suite. Je vous partage d’ailleurs ci-dessous une image tirée du livre, dont les illustrations sont très bien faites je trouve.

J’ai souvent l’impression d’être proche du fameux « burn out » dont nos sociétés contemporaines parlent de plus en plus. Mais je ne sais pas si j’y suis vraiment, ou si je pense seulement que j’y suis, car la société me le dit. J’aime ma vie, le rythme qu’elle a et la frénésie quotidienne qu’elle apporte. Et parfois, une bonne nuit de sommeil résout tout de mon côté (je dors aussi très peu par ailleurs 🙂 ).

Donc oui, je n’arrive pas à lâcher mon Smartphone et à entamer  une « digital detox ». Je suis une hyperconnectée et j’ai du mal à envisager autre chose. Mais j’ai aussi appris à profiter de chaque instant. À ne pas regarder mon téléphone le soir à partir du moment où je rentre du boulot jusqu’au moment où mon fils est au lit, afin de passer tout mon temps avec lui et de n’être interrompu par rien. À choisir les gens avec qui j’ai envie de passer du temps et que j’ai envie de considérer comme étant mes amis. À ne pas faire la course à la tendance ou aux nombres de likes ou de commentaires sur les réseaux sociaux. À savoir que ce qui est le plus important pour moi dans toute ma vie, ce sont les gens que j’aime et le temps que je passe avec eux.

Dans son livre « The Happiness Project » dont Barbara vous parlait sur le blog il y a quelques temps, Gretchen Rubin dit une chose qui a résonné en moi : les jours sont longs mais les années trop courtes. Et c’est ça que je retiens ici, dans ce choix de ralentir (ou pas). Nous avons tellement de temps (si précieux) pour développer des choses, et c’est maintenant ou jamais, pour ne pas regretter après. Mais il faut aussi savoir choisir ce que l’on veut développer et prioritariser. Je suis passée à l’acte. Et vous ?

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