BOUGER,  PENSER

Natural Born Heroes

Je me suis précipitée sur le second livre de Christopher McDougall, tellement le premier a été une révélation pour moi. Le problème, quand tu es l’auteur d’un livre aussi révolutionnaire que Born to Run, c’est que tu as la méga pression pour réussir le second. La barre était placée bien haut.

Comme pour Born to Run, un peu dur de rentrer dedans. J’ai vraiment eu l’impression de devoir me forcer à lire un chapitre par soir, presque comme un devoir d’école. Puis je me suis prise au jeu, et les informations que j’y ai trouvées m’ont plu. Et je me suis retrouvée, comme pour Born to Run, à raconter à mon entourage les découvertes assez hallucinantes que j’ai faites à sa lecture. Comme quoi, McDougall, il est bon.

Sur fond de seconde guerre mondiale, l’auteur se penche l’île rebelle de Crête qui posait tant de problèmes à Hitler, tellement ses habitants résistaient avec force et courage. En prenant cette population, ainsi que les forces alliées qui s’y trouvaient, comme exemple, il se penche sur leur développement physique pour tenter de comprendre ce qu’ils avaient de si exceptionnels.  Au fil des pages, des axes principaux se dégagent, voici quelques éléments que j’ai retenus :

  • Le développement sportif via une méthode dite « naturelle » et non pas de la musculation, juste pour de la musculation, comme la société le prône aujourd’hui. Cette méthode, développée au début du siècle en France par Georges Hébert et qui est tombée en désuétude maintenant, encourage un développement physique grâce à son activité et ses mouvements quotidiens, un peu à la manière dont les animaux sont amenés à se muscler. Oubliez les répétitions sur les bancs de presse ou les heures enchaînées sur les vélos elliptiques, cette méthode naturelle prône un développement du corps à travers des gestes quotidiens : marcher, courir, sauter, lever, etc. La gonflette ou les salles de musculation qui se sont fortement développées depuis quelques décennies se situent donc à l’encontre de cette pratique, qui part du postulat de base que l’homme, à l’état primitif naturel, était suffisamment athlétique.
  • Cette méthode naturelle est très fortement associée au Parkour, sorte d’acrobatie et méthode de déplacement urbain. Les gestes employés par les pratiquants du Parkour se rapprochent ainsi de l’activité physique naturelle. Une fois de plus, exit les salles de sport et les méthodes modernes de musculation ; place aux déplacements naturels qui musclent le corps. Vous vous dites : « pourquoi on n’a pas eu vent de cette méthode plus tôt ? ». Disons que le lobby des salles de sport est très puissant…
  • Un autre aspect fondamental que McDougall bouleverse complètement est l’hydratation : en se basant sur plusieurs études scientifiques, il démontre que les sociétés de boissons isotoniques (entre autres) nous encouragent à boire tout au long d’une course et que cette pratique de surhydratation est très récente… Il y a quelques décennies, les coureurs parcouraient l’équivalent d’un marathon sans avoir besoin d’une gorgée d’eau. Aujourd’hui, on nous encourage de boire avant d’avoir soif, et de nous arrêter à chaque espace de ravitaillement sur une course, mais la question est : est-ce bien utile pour notre corps ? Il y a plus de cas de décès suite à une surhydratation (ou hyponatrémie) sur une course que de déshydratation. Attention, je ne suis pas en train de dire que ce n’est pas bien de s’hydrater pendant l’effort. Je dis juste qu’il faut savoir faire la part de choses entre ce que son corps ressent et ce que les marques nous disent de faire…
  • Autre élément fondamental qui ressort : l’utilisation du gras stocké dans notre corps comme source d’énergie. Selon la méthode du très méconnu et très discret mais très respecté Dr Phil Maffetone, on écarte les féculents, les fameuses pâtes qui sont censées être l’aliment par excellence du coureur, et on s’intéresse aux produits ayant un indice glycémique très bas. Le sucre lent ou rapide est à bannir. Notre corps, privé de cette source d’énergie, puise dans autre chose. Je vous passe les détails, vous les lirez par vous-même, mais comme toujours, McDougall devient son propre cobaye et les résultats sont surprenants.

Enfin, ce livre m’a plu car il faisait le lien très régulièrement entre l’Histoire et notre époque contemporaine, un peu pour nous montrer que, finalement, les évolutions technologiques génialissimes n’étaient pas si génialissimes que ça… Serions-nous simplement nés pour courir, sans artifice, sans fioriture ?

Pour résumer, ce livre ne m’a pas autant chamboulée que Born to Run, mais j’y ai glané quelques informations de taille. Une lecture somme toute intéressante, bien qu’un peu laborieuse lors de certains passages. Mais les connaissances qui en ressortent valent le coup selon moi.

 

 

 

 

 

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