BOUGER,  PENSER

Marcher, ou la méditation en pleine nature

Après quelques années d’inactivité, la fesse un peu molle et le moral en berne, j’ai un jour décidé de me mettre à la course à pied. J’ignorais alors que cette décision allait m’ouvrir les portes d’un univers extraordinaire ou rencontres incroyables et dépassement de soi seraient les maîtres mots. 2 ans plus tard, après un premier (et dernier ?) marathon et un déménagement, j’ai tout de même dû faire face à une difficulté majeure, la perte de motivation. La course après le chronomètre, les entraînements intensifs et parfois forcés ont eu raison de mon engouement et j’ai à ce moment eu l’impression d’avoir perdu de vue mon objectif premier qui était de prendre du plaisir, de faire un sport en extérieur et de prendre soin de moi. Difficile en effet de s’inscrire sur une course tout en ne cherchant pas à donner le meilleur.

Et puis la marche s’est imposée à moi, naturellement. L’été et les longues journées aidant, il était en effet facile de sortir tôt le matin ou tard le soir après une journée de travail. A la ville, à la campagne ou en forêt, j’ai découvert que l’on pouvait s’offrir à soi-même des moments privilégiés comme un lever de soleil, une pluie fine, des lièvres qui s’échappent dans des champs de blé. J’ai lu beaucoup d’articles sur la marche et ses bienfaits mais aussi sur le « comment faire ».  Euh… comment marcher vous voulez dire ? Je crois qu’on aura beau vous conseiller une allure ou un temps minimum, pour profiter pleinement de cette expérience, il faut suivre son instinct et ses envies.

Dans mon cas, je chausse des baskets et si le temps l’exige, une veste confortable et me voilà partie pour 1h à 1h30 de marche en musique. Ce qui est étonnant c’est que passées les premières 10 minutes qui consistent généralement à penser à ce qu’il me reste à faire, à ce qui me mine et à refaire le monde, le lâcher prise opère. Le rythme de mon pas se règle automatiquement, mes idées se trient, se rangent et toute mon attention est alors focalisée sur ce qui m’entoure. Découvrir cet état la trentaine passée est pour moi une surprise autant qu’un bonheur ! J’apprécie tout autant aller marcher à deux mais dans ce cas, la sensation n’est pas du tout la même car je crois vraiment que pour trouver cet état contemplatif qui s’apparente à de la méditation, il faut un peu de solitude. C’est jusqu’à présent ce que je qualifierais de solution idéale pour trouver la réponse à une question, régler un problème ou m’aider à faire un choix.

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